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textes

  • wonderful
    • Wonderful, monographie, produit et édité en 2011 par les Éditions Plein sud. Avec un texte critique de Bernard Lamarche, ce livre propose une sélection de tableaux et d'installations d'Anne Ashton de 1989 à 2010. En français, traduit vers l'anglais, couverture rigide, 90 pages, plus de 60 illustrations en couleur.
      ISBN 978-2-922256-49-9.
      Pour plus de renseignements ou pour commander, contacter l'artiste : anne@anneashton.com

Wonderful
Monographie, texte de Bernard Lamarche
Produit et édité par les Éditions Plein sud, 2011
(en français et en anglais)
ISBN 978-2-922256-49-9

opuscule

El Centro : œuvres de Anne Ashton
Bernard Lamarche, opuscule d'exposition
Musée régional de Rimouski, 2007
(en français)

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vie des arts

Anne Ashton: El Centro
Dorota Kozinska, article
Vie des Arts, no. 207 (été 2007) p.107
(en anglais)
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démarche

Depuis 1992, ma pratique artistique explore l’interconnexion inhérente aux formes, aux systèmes et aux cycles de la nature. Actuellement, l’idée d’interconnexion influence également l’agencement des tableaux en polyptiques ou en installations. Ainsi, l’interaction visuelle et conceptuelle entre chaque aspect de l’œuvre imite les systèmes naturels composés de divers éléments interdépendants. Les polyptiques sont parfois accompagnés d’objets trouvés ou d’images et de mots peints directement sur les murs du lieu d’exposition. À travers mon art, je tente d’évoquer chez le spectateur son propre sens d’interconnexion — avec l’œuvre, avec l’art, mais surtout avec la nature qui l’entoure et dont il fait partie.

Née en Californie, je vis et travaille au Québec depuis 25 ans. Les concepts forment la base de ma pratique car j’ai été influencée au cours de mes études universitaires par l’art conceptuel de la côte ouest américaine des années 1970. Cependant, pour approfondir une idée, je pige dans des sources diverses de l’histoire de l’art, des sciences et de la culture populaire. Malgré leur apparente simplicité, les tableaux résultant de cette recherche arborent une panoplie de références formelles et culturelles incluant hyperréalisme, surréalisme, et luminisme; la cosmologie, la musique, le folklore et les mythes. Plusieurs de mes sujets témoignent de mon affection pour des éléments considérés comme dangereux ou sans beauté inhérente. D’autres sujets font écho aux cycles transitoires de la nature. L’assemblage de tous ces éléments en de grandes œuvres souligne l’unicité ainsi que l’interdépendance de chaque composante. Dans le contexte du monde actuel, on se doit de considérer la vulnérabilité et la beauté de la nature ainsi que l’interdépendance de toutes espèces, incluant la nôtre.

toile de fond

Ma première phrase, selon ma mère, fut « Regarde la bibitte ». Je n'ai pas beaucoup évolué depuis. Toute ma pratique artistique est une variation sur ce thème.

Mon travail est inspiré par l'étrange et imprévisible beauté de la nature, ce qui inclut des éléments qui sont souvent jugés menaçants ou inutiles. Mon travail dépeint le monde naturel dans des manifestations variées : sensuel et menaçant, serein et turbulent, mystérieux et vulnérable. Il explore la transformation cyclique entre ces états ainsi que l'interconnexion de chaque élément dans un système complexe.

Le processus est comme un « road trip » plein de détours, d'obstacles et de surprises fortuites. Les résultats sont imprévus. Aux meilleurs moments, je suis comme un véhicule, un conduit vers quelque chose qui est au-delà de moi-même. Une amie proche appelle ce phénomène « parler aux dieux », et je n'ai jamais trouvé une meilleure description du processus artistique.

Souvent, un agencement de plusieurs tableaux est nécessaire afin d’illustrer pleinement l’idée de départ, ou bien il arrive que le sujet principal demande des annotations visuelles qui sont peintes sur une bordure, ou sur des marges du tableau, ou sur les murs. De la même façon, je m'intéresse à tout ce que l'on retrouve dans les marges et périphéries de la vie, à travers les frontières, sous les roches et en dehors de la ville.

Il n'y a pas longtemps, sur la terrasse d'un bar anonyme de la vallée de l'Outaouais, mon conjoint et moi avons regardé une araignée tisser sa toile sous le clair de lune. En comparant l'œuvre de l'araignée à nos exploits humains, il m'a dit « On est nul », et j'ai partagé ses humbles sentiments. Peindre me permet de sentir la nature plus profondément, de voir les particularités et les mérites de chaque individu dans un univers vaste et interdépendant. Cette pratique m'aide à y trouver ma propre place, et à apprécier l'araignée autant que le ciel étoilé.

© Anne Ashton 2011-2017